S’il s’agissait des paroles d’une chanson, on parlerait d’un langage explicite. La rappeuse Cardi B a posté sur son compte Instagram une vidéo très virulente dans laquelle elle s’en prend à Donald Trump, responsable selon elle du blocage de l’administration.

« Notre pays vit un enfer en ce moment, tout ça pour un putain de mur », lance l’artiste originaire du Bronx, une des plus grosses stars actuelles de la musique aux Etats-Unis. Elle fait référence au refus du président de voter un projet de budget fédéral qui n’incluerait pas de financement pour un mur à la frontière américano-mexicaine.

« Je ne veux pas entendre des connards me dire : “Oh, Obama a fermé le gouvernement pendant 17 jours” » (en 2013), s’emporte la rappeuse new-yorkaise. « Oui, connasse, pour le système de santé, pour que ta grand-mère puisse aller faire prendre sa tension ».

« Je sais que beaucoup d’entre vous s’en foutent parce qu’ils ne travaillent pas pour le gouvernement ou qu’ils ont un boulot », poursuit-elle, « mais cette merde est grave, cette merde est vraiment dingue. Je crois que nous devons faire quelque chose. »

La vidéo a été repérée par plusieurs élus du Congrès américain, qui ont débattu de l’opportunité de la relayer ou pas, avant de s’abstenir. « J’essaye de savoir si je vais retweeter la vidéo de Cardi B ou pas », a écrit le sénateur démocrate de Hawaï Brian Schatz. « C’est pas vrai, je me suis posé la même question il y a une demi-heure », lui a répondu son collègue du Connecticut Chris Murphy, également démocrate.

« Les gars, je retiens mon souffle. Allez-vous retweeter Cardi B ou pas ? », a réagi, toujours sur Twitter, le chef de file des démocrates au Sénat, Chuck Schumer. « Nous avons décidé de ne pas le faire », a répondu Brian Schatz. « Ce ne serait pas sénatorial. »

Faute de budget, quelque 800.000 employés fédéraux sont au chômage technique ou travaillent sans toucher de salaire depuis près de quatre semaines. Ces derniers jours, l’administration Trump a ordonné à des milliers de fonctionnaires au chômage technique de revenir travailler, sans salaire, pour limiter les effets du « shutdown ».