BALLON D’OR – C’est donc Luka Modric qui a succédé à Cristiano Ronaldo. Le milieu de terrain de la Croatie et du Real Madrid est devenu le 63e Ballon d’Or de l’histoire. Si son sacre peut interroger, il est loin d’être scandaleux. À l’inverse de la 7ème place de Varane.

« Performances individuelles et collectives (palmarès) pendant l’année », tel est le critère d’obtention numéro un au Ballon d’Or France Football. Un joueur qui a remporté la Ligue des Champions et la Coupe du Monde peut légitimement prétendre à la victoire finale. Quel joueur a réalisé cette incroyable performance sur l’année 2018 ? Le Français du Real Madrid, Raphaël Varane. Pourtant, le défenseur central a terminé à la 7ème place du classement du Ballon d’Or… Une injustice.

Il est évident que par son poste, Varane, n’a pas la même exposition, par exemple, que ses camarades tricolores Antoine Griezmann (3e) et Kylian Mbappé (4e). C’est un fait. Les défenseurs sont largement moins médiatisés que les buteurs. Néanmoins, il est honnête de reconnaitre qu’attaquer, marquer, reste la chose la plus difficile dans le football. La fascination que génèrent les buteurs est compréhensible. Mais, me direz-vous, c’est bien un milieu de terrain qui a remporté le Ballon d’Or et non un attaquant ? Oui. Cependant, il est également vrai, qu’outre les buteurs, il existe deux autres types de joueurs qui marquent les esprits : les dribbleurs (Neymar, Hazard) et les créateurs (Modric, Iniesta).

N’est-ce pas le rôle des journalistes spécialisés de voir au-delà des buts ?
Le défenseur de 25 ans n’appartient à aucune de ces trois catégories et part donc, avec un « gros » déficit d’image. « Il est plus facile d’arrêter un but que d’en marquer un. Construire est également une chose très dure. Ce que fait Modric est fabuleux. Pour marquer, attaquer ou créer il faut avoir le ballon, pas pour défendre. Ça rend la création ou les buts plus difficiles. Néanmoins, il est aussi vrai que bien défendre, comme Varane, ce n’est pas donné à tout le monde », nous a confié notre consultant Vikash Dhorasoo.

Ainsi, apparait cette interrogation. N’est-ce pas le rôle des journalistes spécialisés, les votants, de voir au-delà des buts, des dribbles ou autres gestes spectaculaires ? Raphaël Varane a joué un rôle prépondérant au sein du Real Madrid de Zinédine Zidane, qui a remporté pour la troisième année consécutive la Ligue des Champions. Un club merengue moins souverain que par le passé et donc plus sollicité défensivement. D’ailleurs, l’ancien Lensois figure dans la liste des 18 joueurs de la saison de C1 retenus par les observateurs techniques de l’UEFA.

Lors de la Coupe du Monde, Varane a été impérial
Que dire ensuite de sa Coupe du Monde avec les Bleus ? Varane a été impérial durant les 630 minutes qu’il a joué en Russie. Buteur décisif en quart de finale face à l’Uruguay (2-0) et étincelant en demi-finale face à la Belgique (1-0), le vice-capitaine de l’équipe de France a réalisé une bonne finale dans laquelle les Bleus ont été bougés pendant 50 minutes par des Croates dominateurs. Il a été, sans conteste, l’un des grands artisans du sacre des hommes de Didier Deschamps au Mondial. Il est le joueur qui a réalisé le plus de dégagements défensifs durant la compétition (44), preuve de son importance et de son sens du placement.

Sur l’année 2018, Raphaël Varane a remporté 67,1% de ses duels, 70,1% de ses duels aériens. Soit deux duels sur trois… Il est également le 4ème joueur de l’histoire à remporter la C1 et le Mondial la même année après Christian Karembeu en 1998 (France – Real Madrid), Roberto Carlos en 2002 (Brésil – Real Madrid) et Sami Khedira en 2014 (Allemagne – Real Madrid).

 

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